Donny McCaslin – Blow.

Label : Motéma
Date : 5 octobre 2018
Missions : Label Management / Relations presse

Leader du dernier groupe de David Bowie sur Blackstar et figure incontournable de la scène jazz internationale, Donny McCaslin sort avec Blow. son premier album essentiellement vocal et sans doute l’oeuvre la plus ambitieuse de sa carrière.

Quelques jours avant sa mort en janvier 2016, David Bowie sortait son dernier album Blackstar. Si ce disque mettait un point final à la carrière de cet artiste de légende, il représentait un nouveau départ pour Donny McCaslin qui, armé de son saxophone et porté par le son si caractéristique de son groupe, joua un rôle-clé dans la définition de cette dernière vision artistique du génie Bowie.

Deux ans et demi plus tard, McCaslin revient avec un nouvel album, Blow., un véritable manifeste sur lequel se ressent l’influence de Bowie et qui illustre l’évolution artistique de McCaslin. “Avant de travailler avec lui, un album comme celui-ci ne me semblait pas à ma portée”, admet Donny McCaslin qui avec Blow., livre le disque le plus audacieux de sa carrière commencée il y a deux décennies et ponctuée d’une nomination aux Grammys. “Après avoir réussi à mettre en oeuvre un tel projet, j’ai désormais le sentiment que tout est possible”.

Si sa carrière a déjà largement été couronnée de succès, la collaboration avec David Bowie a profondément changé la façon dont McCaslin aborde son art. “En studio, il me disait de ne me fier qu’à mon oreille et de ne pas me demander de quel genre la musique que l’on jouait relevait” se souvient-il. “Il me disait : ‘Amusons-nous, faisons de la musique”. Avec le luxuriant et très éclectique Blow., McCaslin a repris la philosophie de Bowie à son compte.

Blow. est porté par un casting impressionnant de chanteurs dont Mark Kozelek, le leader de Sun Kil Moon, Gail Ann Dorsey, collaboratrice de Bowie de 1995 jusqu’à sa mort, Jeff Taylor qui chante régulièrement aux côtés de McCaslin et le chanteur canadien Ryan Dahle, membre des groupes Limblifter et Mounties. Ils sont ici associés aux membres du groupe de Donny McCaslin, présents sur Blackstar : Tim Lefebvre (basse), Mark Guiliana (batterie) et Jason Lindner (claviers).

L’idée était simplement d’explorer les possibilités de ses collaborations et de tout documenter” explique McCaslin qui ajoute que le projet a connu “une bonne période de gestation” et s’est affiné sans aucune impression de précipitation.

Selon Donny McCaslin, la progression naturelle qui l’a mené à Blow., a commencé dès son album de 2016 Beyond Now, qui contenait des compositions originales écrites après l’enregistrement de Blackstar mais avant la mort de Bowie, ainsi que des reprises de Bowie lui-même, du groupe de post-rock Mutemath et de l’artiste électronique Deadmau5.

Beyond Now ayant été enregistré presque immédiatement après la mort de David Bowie, l’influence de Blackstar n’avait pas complètement guidé le jeu et l’écriture de McCaslin – il aura fallu des mois de tournée pour que ces sessions en viennent à le nourrir et à le changer en profondeur. “J’entendais quelque chose de différent et j’essayais de définir ce que c’était” se souvient-il. “La direction de ce nouvel album est quelque chose que je n’aurais pas imaginé venant de moi il y a dix ans. Mais l’opportunité de jouer autant et de voir où mon imagination créative me mènerait m’ont permis de prendre ce nouveau chemin. On avait tellement joué qu’il nous a semblé naturel d’aller en studio et d’enregistrer cette musique.

Une fois les prises faites et la pré-production terminée, à l’automne 2017, le producteur Steve Wall fut chargé de fusionner les différents styles pour créer un son cohérent. “Je lui dois beaucoup” admet McCaslin. “Il a eu une vision pour cet album dès le début et a été à mes côtés pendant que la musique mutait et se développait”.

McCaslin insiste sur “la grande variété d’ambiances” de Blow. dont certaines paraîtront familières aux fans du saxophoniste. D’autres un peu moins puisqu’elles couvrent un spectre allant du prog et de l’art rock à des séquences instrumentales inspirées par les Beastie Boys ou A Tribe Called Quest. Naturellement, le saxophone de McCaslin fait le lien entre ces éléments disparates, même si ce n’est pas de la façon à laquelle on aurait pu s’attendre. Se remémorant les sessions de Blackstar, McCaslin se souvient de la façon dont Bowie l’incitait à manipuler et transformer le son de son instrument, à créer “des boucles et des textures” tout en improvisant. “Ça m’est vraiment resté” précise McCaslin. “C’est devenu une composante importante de ce que je fais aujourd’hui, de la façon dont j’intègre les éléments électroniques et le saxophone”.

Les parties vocales jouent aussi un rôle crucial sur Blow., dans des proportions jamais atteintes dans la carrière de Donny McCaslin. “Il y a tellement de choses à explorer de ce côté-là” s’était-il dit pendant les sessions de Blackstar. “Pourquoi ne pas faire un album vocal ?

Au final, McCaslin revient toujours à la même expression : “nouveau territoire”. Aux côtés de ses musiciens, il emmène sa musique dans des espaces qui semblaient inatteignables il y a encore quelques années. Et Blow. n’est pas une fin en soi : “le show live est en évolution constante” annonce un Donny McCaslin trépignant d’impatience à l’idée de jouer ce nouveau répertoire aux quatre coins du monde. “Ce sera très différent de ce que ça a pu être” prévient-il. Ces dernières années ont été un véritable tourbillon pour McCaslin mais Blow. prouve qu’il est prêt pour le nouveau chapitre : “Tout donner pour explorer ce nouveau territoire est une perspective très stimulante pour moi”.